Baseball
«Je tombais en morceaux»
Le 25 septembre 2012 à 16h46 | TVA Sports
Si Éric Gagné s'est longtemps caché pour se doper, il ne se défile plus quand vient le temps de parler de cette période noire de sa carrière.
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Comme dans sa biographie «Game Over», publiée mardi sous la plume du journaliste Martin Leclerc, l'ancien lanceur s'est livré à cœur ouvert au cours d'une entrevue diffusée à la chaîne TVA Sports.
«J'ai pris des mauvaises décisions et je dois vivre avec, a indiqué Gagné d'entrée de jeu. Le livre explique bien les raisons. Avec un livre, c'est plus facile de s'expliquer, d'aller plus en profondeur.»
«Ça aurait été beaucoup plus facile de parler de baseball, mais je devais ça au public du Québec et à tout le monde qui a suivi ma carrière. Ça fait longtemps que je voulais en parler. Ça fait du bien.»
Gagné a confié qu'il a commencé à prendre des hormones de croissance après une blessure à un genou, «parce qu'on me disait que ça m'aiderait à récupérer». «Dans ma tête, ça allait m'aider à revenir plus vite et à lancer plus vite. Des coéquipiers et des entraîneurs m'en avaient parlé.»
Il a cependant regretté aussitôt sa décision. «La première journée où j'ai pris des hormones de croissance, je me suis senti coupable, a-t-il reconnu. C'est un cercle vicieux qui est difficile d'en sortir.
«Le plus gros problème avec ce que j'ai fait, c'est que j'ai entaché aussi des joueurs qui étaient propres. Tout le monde a subi ça autour de moi. Le livre, c'est un peu pour dire merci à tout le monde.»
Malgré sa consommation récurrente de produits dopants, le releveur n'a pas vraiment senti de différences notables dans ses performances. Au contraire.
Un corps en miettes
En plus d'enlever «quatre ou cinq ans» à sa carrière, son corps en a subi des séquelles.
«Mon dos et mon bras sont tout croches, j'ai mal aux deux genoux. J'ai de la misère à marcher quand je me lève le matin. Il faut que je me réchauffe avant de sortir du lit», a illustré Gagné.
«J'ai arrêté parce que j'avais mal aux doigts, j'avais mal partout, a-t-il poursuivi. Je ne sais pas si ce sont des symptômes ou pas, mais on dirait que tout mon corps a commencé à tomber en miettes. Après ça, j'ai entendu dire que ça aiderait, alors j'en ai pris pendant deux ou trois camps d'entraînement.
«Mais après, j'étais plus capable, j'ai tout arrêté, ça n'avait plus d'allure, j'avais de la misère à marcher. Je tombais en morceaux, alors je sentais que ça ne valait plus la peine. Aujourd'hui, je donnerais tout pour jouer encore trois ou quatre ans.»
Selon le principal intéressé, le baseball majeur a maintenant «rectifié le problème» du dopage.
«Il y a toujours du monde qui va essayer d'avoir un petit avantage, tu ne changeras jamais l'humain, mais la ligne est plus claire. Ne faites pas ça, c'est ridicule», a conclu Gagné.
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