Le 22 mai 1992, Felipe Alou prenait la place de Tom Runnells à titre de gérant.  

Le 22 mai 1992, Felipe Alou prenait la place de Tom Runnells à titre de gérant.

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Les Expos nommaient Alou comme gérant

Le 21 mai 2012 à 11h03 | Etienne Bouchard, Agence QMI

Les Expos de Montréal procédaient, il y a exactement 20 ans, à un changement d'entraîneur qui allait marquer leur histoire : le 22 mai 1992, Felipe Alou prenait la place de Tom Runnells à titre de gérant de l'équipe.

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À la suite d'un mauvais début de saison cette année-là, et devant la contestation grandissante au sein du public et dans le vestiaire, l'organisation a alors décidé de faire appel à un homme d'expérience qui comptait déjà à son actif plus de 15 ans de services comme instructeur avec les Expos et leur réseau de filiales. La décision s'est avérée très payante, car Alou, un ancien joueur, a passé pratiquement neuf ans à la barre de l'équipe, remportant un total de 670 rencontres pendant son séjour dans la métropole.

Le premier Dominicain de l'histoire des ligues majeures à accéder à ce poste se souvient encore aujourd'hui très bien des circonstances entourant son embauche et des événements ayant suivi plus tard au cours de cette journée.

«J'étais à la pêche avec quelques amis, dont Jacques Doucet (alors descripteur des parties des Expos à la radio). À l'époque, je trouvais cependant que c'était trop prématuré de congédier l'entraîneur (Runnells), mais le directeur général Dan Duquette m'avait alors dit : «Si tu n'acceptes pas l'offre, nous allons choisir quelqu'un d'autre. Aussi, j'ai décidé de prendre le poste avant qu'il ne change d'idée», a expliqué Alou, lors d'une entrevue téléphonique accordée à l'Agence QMI.

«À 10h30-11h ce jour-là, nous étions à la Pourvoirie Saint-Pierre et Felipe a demandé de rentrer à Montréal, prétextant qu'il avait des affaires d'assurances à régler. Puis, vers 14h, j'ai reçu un appel m'informant qu'il y aurait une conférence de presse au Stade olympique», a pour sa part déclaré Doucet, tout en admettant sa surprise totale devant cette nouvelle.

D'ailleurs, l'homme de 77 ans travaillant actuellement pour le compte des Giants de San Francisco à titre de dépisteur a encore des souvenirs de sa première partie comme gérant des Expos. «En soirée, nous avions défait Tom Glavine et les Braves d'Atlanta 7-1 au Stade olympique. Dennis Martinez avait lancé un match complet et il m'avait donné la balle du match après le dernier retrait», de préciser Alou.

Montréal gravée dans sa mémoire

Habitant maintenant la Floride, Alou a permis aux amateurs de baseball québécois de revivre la passion pour le sport après quelques campagnes décevantes. En 1992, il a aidé ses hommes à lutter pour le premier rang de leur section, qu'ils ont finalement concédé aux Pirates de Pittsburgh avec une semaine à compléter au calendrier régulier. L'année suivante, Montréal a signé 94 victoires pour terminer à trois matchs des Phillies de Philadelphie et du sommet dans l'Est de la Ligue nationale. Et en 1994, les Expos étaient en tête des majeures avec une fiche de 74-40 lorsque les activités ont été interrompues par un conflit de travail, le 12 août.

«La saison 1994 fait partie de mes plus beaux souvenirs de Montréal, car en deux ans, nous avions réussi à bâtir une formation championne. Avec tout ce que nous avions construit, nous comptions sur une super équipe qui pouvait battre n'importe qui. Cependant, il y a eu la grève et vous connaissez la suite», a mentionné Alou à propos de son groupe qui comprenait notamment son fils Moïses, Larry Walker, Ken Hill, John Wetteland, son neveu Mel Rojas et Marquis Grissom.

La reconnaissance, une clé de la longévité

D'après Alou, certaines qualités sont indispensables pour diriger une formation professionnelle, tous sports confondus. Ceux pouvant s'adapter facilement et être à l'écoute de leurs joueurs sont en mesure de conserver leur emploi plus longtemps. C'est ce qui lui a permis de demeurer à Montréal durant presque une décennie et d'assumer les mêmes fonctions avec les Giants de 2003 à 2006 inclusivement.

«Vous devez avoir du respect pour votre sport. Ça, vos joueurs le sentent, car ils constatent si vous avez ou non la capacité à diriger dans différentes situations. Ils doivent sentir que vous êtes en contrôle», a-t-il affirmé, insistant sur l'importance d'être respecté par ses hommes.

D'après lui, cette reconnaissance doit également se manifester non seulement auprès des partisans de l'équipe, mais au sein de la communauté où évolue celle-ci. «Vous représentez la ville et vous devez afficher une personnalité du calibre des ligues majeures, peu importe le sport. Pour cela, les Montréalais m'ont toujours respecté et c'est encore le cas aujourd'hui», de conclure Alou.

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