Basketball
De Saint-Bruno à Harvard
Le 28 septembre 2011 à 8h47 | Andy Mailly-Pressoir, TVA Sports
Si le nom de Laurent Rivard ne vous est pas encore familier, ce n'est sûrement qu'une question de temps. Passer de Saint-Bruno aux gymnases du grand circuit de basketball universitaire américain n'est pas une mince affaire.
À pareille date l'an passé, le jeune homme de Saint-Bruno signait un contrat avec le Crimson de l'Université Harvard en première division de la NCAA. Aujourd'hui, il entame sa deuxième année avec l'équipe tout en jonglant avec un baccalauréat en informatique de la prestigieuse université du Massachussetts. Rejoint au téléphone par TVA Sports à sa résidence de Boston, Laurent Rivard a bien voulu raconter sa vie d'étudiant-athlète.
«Je viens de passer mes vacances d'été au Québec avec ma famille et mes amis. Ça m'a fait du bien. Le Québec me manquait, mais je suis excité de revenir à Boston pour reprendre l'entraînement», a avoué le jeune homme de 20 ans.
Champion de basket et de vélo
Rivard a eu la piqûre pour le basketball dès la 4e année du primaire. Il a poursuivi son cheminement au secondaire en s'inscrivant simultanément au niveau scolaire au Séminaire-Sainte-Trinité et au niveau civil, avec les Couguars de Saint-Bruno.
Le joueur s'est rapidement fait un nom sur la scène québécoise grâce à son tir précis et son jeu robuste près du panier. Couronné joueur par excellence du juvénile AAA, il a décroché pendant trois ans un poste sur les sélections de basketball provinciales et nationales.
Le responsable des programmes compétitifs des Couguars de Saint-Bruno, André Filteau, n'est pas étonné du succès du jeune athlète. «Laurent a toujours été un joueur très travaillant et dominant sur le terrain.»
Sa fiche sportive ne s'arrête pas là. Entre huit et 15 ans, Laurent Rivard a été nommé trois fois champion du Québec en vélo de montagne. «Mon père nous a initiés, mon frère et moi, au vélo quand on était très jeunes. Ç'a forgé mon cardio, mon endurance et aujourd'hui, j'ai des jambes beaucoup plus solides», admet le joueur de basketball format géant.
Direction Boston
À l'âge de 17 ans, le basketteur quitte la résidence familiale pour s'exiler aux États-Unis afin de poursuivre des études à Northfield Mount Hermon School (NMH) au Massachussetts, délaissant les programmes collégiaux du Québec.
«J'avais participé à un camp de perfectionnement de basketball cet été-là et l'entraîneur de NMH m'avait approché pour que je joue dans son équipe. J'ai tout de suite su que c'était ma chance», a précisé l'athlète.
Il est alors considéré comme l'un des meilleurs francs-tireurs de moins de 20 ans de la région et est reconnu pour sa robustesse et son excellente condition physique.
Deux ans plus tard, Tommy Amaker, l'entraîneur du Crimson d'Harvard, contacte Rivard et lui offre un poste de garde au sein de sa formation.
«Je connaissais déjà un peu Tommy et certains joueurs de l'équipe. On me promettait du temps de jeu dès ma première année et je me suis dit que c'était l'occasion parfaite d'aller dans une des meilleures écoles et dans une bonne école de basket», a affirmé le basketteur.
Avec l'appui de ses parents, l'athlète accepte l'offre de l'université qui couvre la quasi-totalité de ses frais de scolarité.
L'agent zéro
Le no 0 a vite multiplié les exploits avec sa nouvelle équipe. Troisième meilleur marqueur du club, Rivard a conservé une impressionnante moyenne de 11 points et trois rebonds par match durant la saison 2010-2011. Le colosse de 6 pieds 5 (220 lbs) a aussi obtenu le titre de recrue de la semaine à trois reprises durant la saison.
Rivard a aussi permis à son équipe d'écrire une page d'histoire en se classant au premier rang de la Ivy League, catégorie qui regroupe les huit grandes universités du nord-est des États-Unis.
Simon Bibeau, joueur étoile des Redmen de McGill, a joué plus de six ans avec Rivard au Québec. Longtemps considéré comme le prochain Steve Nash, Bibeau parle de son ancien coéquipier et de son meilleur ami comme un joueur redoutable.
«Laurent est un des joueurs de basket les plus athlétiques que je connaisse. Il a un tonus de fer et une endurance exceptionnelle. Son physique et sa vitesse d'exécution font de lui un joueur dangereux à l'intérieur et à l'extérieur de la clé.»
Rivard admet toutefois qu'il n'est pas toujours facile de concilier le sport et les études. Avec plus de deux heures et demie d'entrainement par jour, six fois par semaine et quatre cours, son horaire doit être respecté à la lettre.
«On a de la musculation, de la physio, des séances de visionnement vidéos et des exercices de toutes sortes. Dès mes premières semaines ici, j'ai appris à gérer mon temps. La charge de travail est lourde et il faut que tu sois concentré en tout temps», a-t-il expliqué.
La NBA un jour?
Il reste encore trois années à la carrière universitaire du Québécois. D'ici là, il n'a qu'un objectif: jouer son meilleur basketball et espérer trouver du boulot après ses études. Un peu comme tout autre joueur de son âge, il ne peut s'empêcher de rêver à une carrière dans la NBA.
«J'y pense beaucoup. J'ai côtoyé des joueurs comme Tristan Thompson qui ont été repêchés dans la ligue et c'est sûr que c'est un objectif. Je veux jouer au basket le plus longtemps possible et l'Europe offre aussi beaucoup d'opportunités.»
Enfin, si un avenir en basketball ne lui est pas destiné, Rivard pourra toujours se consoler d'être diplômé de la deuxième meilleure université au monde.
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