AMM

St-Pierre, le Thaïlandais

Le 1 novembre 2012 à 13h06 | Vincent Morin, Agence QMI

Pour retrouver la passion envers son sport, Georges St-Pierre a dû changer ses habitudes d'entraînement et même apprendre des mots dans une autre langue.

«Khob Khun Krab! (à ses deux partenaires d'entraînement thaïs). Ça veut dire merci. (...) J'apprends à parler le thaï, a expliqué l'athlète québécois âgé de 31 ans, après un entraînement public, jeudi.

«J'ai fait venir deux gars de la Thaïlande: un sextuple champion du monde de boxe thaï et un ancien combattant devenu un excellent entraîneur. Ils ne parlent que très peu anglais, mais on peut bien se comprendre quand même. Quand je fais quelque chose de pas correct, je reçois un coup de poing ou un coup de pied!»

«J'ai tout fait ce que j'ai pu pour revenir le plus fort possible. J'ai amené ici les meilleurs entraîneurs et partenaires d'entraînement, la crème de la crème, a-t-il continué. C'est plus pratique de les amener à moi plutôt que de me déplacer. Même Jean-Claude Van Damme est venu me visiter!»

Son partenaire d'entraînement, Lamsongkram Chuwattana, est une véritable étoile du muay thaï, ayant disputé pas moins de 300 combats un peu partout dans le monde. Il est d'ailleurs l'actuel champion des poids moyens (160 lb) du stade Rajadamnern, l'un des deux stades les plus prestigieux à Bangkok.

«Je fais des combats depuis l'âge de 8 ans. J'ai combattu et enseigné au Japon, en Chine, en Angleterre, aux Pays-Bas et aux États-Unis, a confié l'athlète originaire de Chiang Mai, dans le Nord de la Thaïlande. C'est un honneur d'être ici.»

Stéphan Larouche sur place

Stéphan Larouche était un spectateur attentif lors de l'entraînement public. Il a bien voulu discuter de son association avec le champion du monde des poids mi-moyens (170 lb) du UFC.

«Je n'ai qu'un tout petit rôle, a-t-il sobrement spécifié. Je l'ai entraîné deux fois par semaine et je voulais qu'il lance des coups de poing, qu'il finisse ses combinaisons.

Il a régulièrement frappé 45 minutes, sans arrêt, dans les mitaines ou sur le sac. J'ai aussi demandé à son entraîneur principal, Firas Zahabi, quels étaient les trucs spécifiques à la boxe à éviter en arts martiaux mixtes (AMM), question de ne pas mettre Georges en danger.»

«Il est heureux de s'entraîner, un peu comme un enfant avec ses jouets, a-t-il renchéri. J'ai aussi bien aimé son humilité et son vouloir. Il y a un respect en AMM qu'on retrouve moins en boxe.»

Dans un autre ordre d'idée, l'actuel entraîneur de Lucian Bute a lui aussi été impressionné par les deux partenaires thaïlandais du combattant de Saint-Isidore.

«La dernière fois où j'ai été impressionné comme ça par un athlète, c'était par Roy Jones fils dans ses belles années, a-t-il avoué. Ce Thaïlandais-là est tellement habile, il peut te mettre le pied dans le visage d'une distance de 18 pouces. Et je ne pensais jamais que quelqu'un pouvait cogner aussi dur avec un coup de pied.L'entraîneur (Yod Wilek) était vif et excellent aussi!»

Midoux présent

Le premier entraîneur d'AMM du champion que l'on surnomme GSP, Kristof Midoux, sera dans son coin pour son choc contre Carlos Condit, le 17 novembre au Centre Bell. Il remplacera l'Américain Greg Jackson pour l'occasion (Jackson entraînant habituellement St-Pierre et Condit, il a préféré ne pas se mêler du combat).

Midoux se rappelle d'ailleurs la première rencontre entre les deux hommes.

«À l'époque, j'étais le champion poids lourds des combats extrêmes dans la réserve de Kahnawake. C'était encore illégal dans ce temps, a-t-il dit. Je me battais un peu partout dans le monde et je donnais des cours dans une petite école à Terrebonne. Je m'étais entraîné avec Royce et Rickson Gracie au Brésil et j'ai été le premier à enseigner le jiu-jitsu brésilien à Montréal. C'était en 1998.»

«Georges m'a reconnu sur la rue, a-t-il ajouté. Il a arrêté sa voiture et s'est présenté à moi. Il m'a dit qu'il voulait faire des AMM, mais qu'il n'avait pas beaucoup d'argent.»

Il n'y a pas à dire, Georges St-Pierre et les AMM en ont fait du chemin depuis.

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