Jacques Villeneuve  

Jacques Villeneuve

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«Le décès de mon père m'a aidé»

Le 8 mai 2012 à 11h32 | Louis Butcher, Agence QMI

«Les Italiens, plus que quiconque, étaient fascinés par mon père et ils auraient souhaité en voir davantage».

C'est avec beaucoup de joie et un brin d'émotion que Jacques Villeneuve s'est retrouvé, mardi à Maranello, derrière le volant de la Ferrari 312T4 avec laquelle Gilles Villeneuve a connu, en 1979, sa meilleure saison en Formule 1.

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Un tour dans la Ferrari de son père

L'événement a eu lieu à la piste d'essai de Fiorano pour souligner les 30 ans du décès tragique du pilote québécois.

«Mon père a été l'idole d'un peuple, je m'en rends compte encore aujourd'hui (mardi), a dit Jacques après sa courte séance d'essais. C'est juste dommage pour les amateurs que cette belle aventure se soit brusquement arrêtée.»

Le fils à papa

Si Jacques a accepté de participer à ce bel hommage, auquel ont été notamment conviés sa mère Joann, sa sœur Mélanie, ainsi que les pilotes actuels de Ferrari, Fernando Alonso et Felipe Massa, c'est qu'il avait, dit-il, «le goût de la faire. Que le timing était bon.»

Par le passé, et sans doute avait-il raison, Villeneuve en avait marre de se faire poser toujours les mêmes questions sur les exploits de son père.

«On revenait toujours au même débat, a-t-il rétorqué. Les gens m'interrogeaient sur Gilles, mais ils souhaitaient que je leur réponde toujours la même chose. J'ai alors cessé d'en parler.

«Moi, poursuit-il, j'avais une carrière à faire, mais on ne ramenait toujours à mon père. Aujourd'hui, le contexte est différent. Mon championnat du monde (en 1997) a changé la perspective des gens et leurs remarques ont changé aussi. Je suis aujourd'hui plus en l'aise d'en parler.

«C'était rendu fou, les gens pensaient que j'haïssais mon père, mais c'est tout à fait faux, ils n'avaient rien compris. N'avais-je pas le droit de courir pour moi et m'adonner à ma passion?»

Le débat est clos

Cela dit, Jacques Villeneuve y est allé d'une remarque très surprenante sur les conséquences de l'accident de Gilles.

«C'est triste à dire, mais le fait qu'il soit mort m'a beaucoup aidé à devenir un meilleur pilote et homme dans la vie. Avec lui, je ne pense pas que j'aurais eu la carrière que j'ai connue. Il aurait contrôlé ma vie et je n'aurais pas pu devenir moi-même.

«Mais qu'on me comprenne bien, en tant que petit garçon, c'est certain que je l'aurais voulu vivant.»

Très serein, Jacques Villeneuve a livré, comme il en a l'habitude de la faire, le fond de sa pensée. Sauf que, sur ce sujet aussi délicat qui concerne Gilles, il est allé très loin. Comme s'il attendait cette occasion pour clore le débat.

Plus que jamais, on a l'impression qu'il a réglé ses comptes avec papa.

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