Cyclisme
Armstrong ne perd pas son sens de l'humour
Le 29 août 2012 à 8h54 | Joanie Godin, TVA Sports
«Je pense qu'en raison des récents événements, je devrais me présenter. Je suis Lance Armstrong, je suis un survivant du cancer, je suis le père de cinq enfants et oui, j'ai gagné sept fois le Tour de France.»
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C'est de cette façon que le célèbre cycliste a amorcé sa conférence dans le cadre du Congrès mondial sur le cancer, à Montréal, mercredi.
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Armstrong a beau être l'homme le plus médiatisé par les temps qui courent alors que l'étau se resserre autour de lui dans une affaire de dopage, il n'allait pas rater une occasion de promouvoir sa fondation, Livestrong, qui vise à amasser des fonds pour aider les gens atteints du cancer.
L'Américain, qui fêtera ses 41 ans le 18 septembre prochain, n'a pas voulu s'adresser aux médias, mais il a fait quelques allusions à ses victoires au Tour de France au cours de son allocution, qui a duré une vingtaine de minutes.
«J'ai un peu blagué au sujet des récentes nouvelles, mais je crois que le vrai problème dans ce cas est la distraction. Mais je vous le dis, je ne me laisserai pas distraire par cette bataille. Personne au sein de ma fondation ne se laissera distraire. La tâche est trop grande et le potentiel est trop grand pour qu'on soit distraits.
«Je vous promets donc cela : nous allons nous battre jusqu'au jour où on n'aura plus besoin de congrès, de médecins et de la fondation. Ce jour sera un grand jour.»
Déjà 16 ans
Armstrong est également revenu sur sa propre histoire. C'est à l'âge de 25 ans, après les Jeux olympiques d'Atlanta, qu'il a appris qu'il souffrait d'un cancer avancé des testicules.
À l'époque, il n'y avait pas d'Internet, de réseaux sociaux ou autres moyens de communication que l'on peut aujourd'hui utiliser pour s'informer. Armstrong s'était donc retrouvé dans une bibliothèque, où il a pris tous les livres qui parlaient de cancer. Le temps pressait, car il devait se faire opérer dès le lendemain matin.
«J'étais perdu, j'étais confus, comme plusieurs le sont aujourd'hui. Bien sûr, les temps ont changé et les moyens de s'informer aussi», a raconté Armstrong, ajoutant que ce n'est pas dans tous les pays que les gens ont l'occasion de se renseigner sur la maladie comme on peut le faire ici.
Il est également revenu sur le fait que la thérapie qu'il a suivie à Indianapolis menaçait la suite de sa carrière.
«Les médecins m'ont demandé si je voulais embarquer à nouveau sur mon vélo. Je leur ai répondu "Euh, oui, mais en fait, j'aimerais vraiment beaucoup vivre, tout simplement. Ce que je veux, c'est vivre une autre année, cinq ans, 10 ans. Et ensuite, on s'inquiétera à savoir si j'enfourcherai mon vélo ou non."»
Il a donc dû changer de traitement, car celui qu'il suivait aurait causé des dommages à ses poumons qui auraient mis fin à sa carrière.
«Sans cette décision, qui faisait en sorte que je devais rester à l'hôpital, mais ce n'est pas grave, je n'aurais jamais embarqué à nouveau sur un vélo, je n'aurais jamais couru, et peu importe ce que les gens disent, je n'aurais jamais gagné le Tour de France sept fois», a-t-il dit, sourire en coin.
Vaincre la timidité
Armstrong a également raconté à quel point il était difficile pour un jeune homme de 25 ans de dire qu'il était atteint d'un cancer des testicules, surtout au Texas.
«J'étais gêné d'en parler. Ce que nous retenons de toutes les histoires que nous avons entendues à travers le monde, c'est que les gens ont très peur de parler de leur maladie. Ils ne savent pas ce que cela signifiera pour leur emploi, leur famille, leur communauté, etc. En tant que survivant, c'est un problème qu'il faut soulever.»
Il a d'ailleurs remercié les femmes victimes du cancer du sein pour leur mouvement rose, qui a éliminé plusieurs tabous depuis les années 1980.
La Fondation Lance Armstrong a également annoncé qu'elle remettait 500 000$ au Congrès mondial sur le cancer, entre autres pour financer la distribution de traitements médicaux dans le monde.
Le coureur devait participer en soirée à une course à pied sur le mont Royal, une boucle de 7,5 kilomètres à laquelle la population pouvait participer.
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