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«On se sent si humble» - Baumgartner

Le 14 octobre 2012 à 13h27 | Orian Labrèche, TVA Sports

Tout juste avant de s'élancer vers une chute libre à partir d'une altitude de plus de 128 000 pieds, Felix Baumgartner a pratiquement oublié sa mission.

Le Red Bull Stratos était présenté en direct sur les ondes de la chaîne TVA Sports.

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Les émotions qui ont envahi l'homme, à cette altitude et face à un tel défi, ont été trop fortes.

«On se sent si humble, on ne pense à rien, a déclaré Baumgartner en conférence de presse après son saut historique. On oublie la collecte de données scientifiques, on oublie les records, on ne pense à rien d'autre qu'à revenir en vie. Je ne voulais pas mourir devant ma mère, ma femme et mes amis.

«Je savais que le monde entier me regardait, mais si seulement le monde avait pu voir ce que j'ai vu. C'était incroyable. Parfois, il faut aller très haut pour se rendre compte combien nous sommes petits.»

L'exploit du parachutiste autrichien est ahurissant. Il est devenu l'homme étant monté le plus haut à bord d'un ballon, atteignant une altitude de plus de 39 000 mètres (128 100 pieds approx.). De cette hauteur, il s'est lancé dans le vide pour réaliser une chute libre d'environ quatre minutes et 20 secondes.

Durant cette chute, le trompe-la-mort est devenu le premier être humain à briser le mur du son par ses propres moyens. La vélocité maximale atteinte par Baumgartner lors de sa chute est stupéfiante : il a voyagé à 373 m/s, soit 1342,8 km/h, ou Mach 1,24!

«Toutes ces statistiques ne sont encore que préliminaires, elles sont en attente de certification internationale, mais je suis confortable de les partager avec vous, a déclaré Brian Utley, de la FIA (Fédération internationale des sports aéronautiques). Je dois vous dire que Felix n'est pas seulement un homme brave, c'est aussi un homme habile et dédié. Je le félicite pour son bon travail.»

Le principal intéressé, visiblement heureux, fier et soulagé, a tenu à féliciter son équipe.

«Je n'aurais jamais pu le faire sans mon équipe, car on n'est jamais aussi bon que ses coéquipiers.»

Une mission démesurée

Baumgartner, un habitué des sensations fortes, a avoué que cette mission avait été particulièrement intense et difficile. À un certain moment, l'Autrichien a semblé complètement perdre le contrôle durant sa descente. Le silence dans le centre de contrôle avait été assourdissant.

«Cette mission était plus grande et démesurée que toutes les autres que j'ai faites. Je n'aurais jamais cru que ce soit aussi difficile, a expliqué Baumgartner. Le saut a bien commencé, j'ai parfaitement réussi mon départ. Par après, c'est devenu difficile de contrôler mes rotations. Elles sont devenues si violentes que c'était difficile de savoir comment faire pour me stabiliser.

«À un moment, je me suis vraiment senti en danger. Dans la combinaison pressurisée, on perd nos repères, c'est comme nager sans sentir l'eau. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout et j'ai finalement réussi à me stabiliser. Je savais que si je le faisais, je batterais la vitesse du son.»

Le mentor de Baumgartner durant cette mission, Joe Kittinger, s'est dit très fier de son protégé.

«Nous avons travaillé en équipe pour trouver les solutions à nos problèmes, a indiqué Kittinger. Felix a été fantastique. Ce fut un honneur pour nous d'avoir travaillé avec un homme aussi brave.»

Le parachutiste autrichien voudrait un jour, lui aussi, servir de mentor à un autre trompe-la-mort.

«Je souhaite inspirer les prochaines générations, a affirmé Baumgartner. Je veux me retrouver dans un centre de contrôle d'une mission où quelqu'un de plus jeune que moi tenterait de battre mon record.»

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