Divers

Une traversée incroyable

Le 18 juillet 2012 à 21h36 | TVA Sports

Mylène Paquette n'a pas froid aux yeux : elle entamera une traversée de l'Atlantique à la rame au mois de mai 2013...

En solitaire.

Elle a déjà réussi l'épreuve, mais en groupe. En 2010, avec cinq autres rameurs, elle a traversé l'océan Atlantique du Maroc à la Barbade, en seulement 58 jours.

Elle fera une traversée de préparation, à la voile. En faisant le voyage par le chemin inverse, Paquette pourra améliorer sa connaissance de l'Atlantique-Nord, surnommé l«'Everest des mers» à cause des intempéries, des vagues immenses et de tous les autres pièges qui rendront si périlleuse son aventure.

Une véritable épopée

La question brûle les lèvres : a-t-elle peur de perdre la vie en tentant de réaliser une telle traversée?

«En fait, on fait en sorte pour que ça n'arrive pas, a déclaré Paquette lors d'une entrevue accordée à l'émission "Le Match de l'été", sur la chaîne TVA Sports. On a des carnets de procédures : si je dois sortir de mon habitacle étanche, je m'attache. On essaie de réduire tous les dangers.»

Bien évidemment, l'évolution de la technologie rend les embarcations beaucoup plus fiables et performantes qu'à l'époque des grandes découvertes de Christophe Colomb et Jacques Cartier.

Toutefois, Mylène Paquette ne réalisera pas cette traversée bien au chaud sur un paquebot de plusieurs milliers de tonnes.

«C'est une embarcation de 24 pieds par environ 6 pieds de large, explique-t-elle. Il y a deux cabines, une à l'avant pour le rangement et la cabine arrière, qui est mon milieu de vie. Entre les deux cabines, je m'y installe pour ramer.

«Comme les cabines sont complètement étanches, si jamais le bateau chavire, il se replacera de lui-même grâce à la gravité.»

Un défi physique

De plus, la force du vent ne jouera pas un rôle très important dans la traversée. Bien sûr, un bon vent aide à rendre la tâche plus facile, mais c'est la force du corps humain qui propulsera le navire.

«Mon embarcation pèse 1200 kilos, peut-être 1300, je vais devoir pousser cette charge-là, explique-t-elle. Avec la force d'inertie, c'est très agréable de ramer, on "surfe" bien sur les vagues, mais c'est plus difficile lorsqu'il s'agit d'accélérer ou d'arrêter.»

Et ces efforts seront de très longue durée. Il faudra que la rameuse fasse attention à sa forme physique, pour ne pas s'épuiser en pleine mer.

«Je peux dormir six ou sept heures par jour et je dois ramer entre 10 et 12 heures quotidiennement, a poursuivi la rameuse. Je dois me discipliner pour ne pas ramer plus, car il faut préserver notre corps. Je compte une centaine de jours pour traverser jusqu'en France.»

Une épreuve mentale

Une centaine de jours, seule en pleine Atlantique-Nord, voilà ce qui attend Mylène Paquette. En plus de faire face à un défi physique éreintant, la rameuse devra faire face à l'isolement et à la solitude.

«Je n'ai pas beaucoup le temps de m'ennuyer», a-t-elle affirmé. Facile à comprendre avec 10 à 12 heures d'effort par jour!

«Durant mes pauses, je peux utiliser Facebook et Twitter, et je vais écrire un blogue durant la traversée, a-t-elle poursuivi. Je vais aussi faire de la recherche scientifique en acoustique, avec un appareil qui enregistrera le son dans l'océan, ce qui m'occupera une heure par jour.»

Vous pourrez donc suivre l'incroyable périple de Mylène Paquette sur "Twitter" : @MylenePaquette.

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