Hockey
«Ça a réellement changé le monde du hockey» - Serge Savard
Le 28 septembre 2012 à 16h23 | TVA Sports
La Série du siècle a sans contredit été l'un des événements les plus marquants de l'histoire du hockey. Cet affrontement opposant le Canada et l'URSS a transformé le hockey à tout jamais.
Non seulement deux puissantes machines de hockey se sont fait face sur la patinoire, mais deux machines de propagande politique se sont aussi affrontées. Ce n'a jamais été «seulement» du hockey. C'était beaucoup plus.
À VOIR | La Série du siècle vue par Réjean Tremblay
«Nous avons tous été pris dans ce système politique malgré nous, a expliqué Serge Savard lors d'une entrevue à l'émission "Le Premier trio" de la chaîne TVA Sports. Pour les pays communistes de l'époque, par exemple avec ce qui se passait aux Olympiques avec l'Allemagne de l'Est, c'était une façon de dire "on a un meilleur système que vous pour entraîner les athlètes, regardez nos médailles d'or".
«On a donc été pris dans un contexte politique dont on ne voulait pas. Il n'y avait pas de haine envers les joueurs, j'ai toujours respecté les athlètes de l'équipe russe. Ils étaient des joueurs formidables.»
La surprise soviétique
En 1972, la presse canadienne et nord-américaine donnait les Canadiens comme largement favoris dans ce duel entre les deux superpuissances du monde du hockey.
«L'équipe canadienne est arrivée très sûre de remporter tous les matchs, a conté Savard. Il faut aussi se rappeler que le Canada produisait à cette époque presque 100% des joueurs de la LNH. Le hockey, c'était vraiment le Canada et la Russie, et des séries comme celle-là, ça ne sera plus jamais possible. Parce que le hockey, à cause de la Série du siècle, est devenu un sport international.»
Les joueurs canadiens, enhardis par les commentaires de la presse et assurés de leurs propres moyens, ont découvert tout le talent et l'efficacité des joueurs russes.
«Après le premier match au Forum de Montréal, ça a été un choc culturel pour nous, a expliqué Savard. Gagner cette série-là, au huitième match, ça a permis à tout le monde de se regarder dans le miroir et à partir de ce moment, on a fait les choses différemment. Nous n'étions pas les seuls à savoir jouer au hockey. Les entraîneurs, Scotty Bowman le premier, essayaient maintenant de faire les choses différemment. Ça a réellement changé le monde du hockey.»
Malgré ses huit conquêtes de la coupe Stanley dans l'uniforme des Canadiens de Montréal, Serge Savard affirme que rien ne surpassera ce qu'il a vécu en participant à cette confrontation entre les Soviétiques et les Canadiens.
«C'est la plus belle expérience de ma vie. Je ne veux pas mettre de côté les huit coupes Stanley, c'était extraordinaire, mais même avec les Jeux olympiques de Vancouver il y a deux ans, tout le pays était derrière l'équipe, mais jamais comme en 1972, on ne reverra jamais le même phénomène.»
La meilleure équipe de tous les temps?
Les joueurs de la formation canadienne sont bien conscients d'avoir pris part à un événement sportif historique. Ces derniers sont d'ailleurs restés proches, probablement soudés par cette expérience hors du commun.
«C'est quand même le 40e anniversaire, a lancé Savard. Nous avons beaucoup resserré les liens au sein de l'Équipe Canada 1972, surtout depuis une quinzaine d'années. Nous avons eu un tournoi de golf chaque année, nous sommes comme une grande famille.»
Pour plusieurs, cette équipe de 1972, avec les Phil Esposito, Ken Dryden, et le héros Paul Henderson constitue la meilleure équipe de hockey jamais assemblée. Peut-être est-elle l'équipe qui a remporté la compétition la plus marquante de l'histoire du sport, mais pour Serge Savard, ce n'était pas la meilleure équipe de tous les temps.
«Lorsque l'on parle de la meilleure équipe de hockey jamais formée, ce n'est pas l'équipe de 1972, a précisé Savard. Bobby Orr était avec nous, mais il n'a pas pratiqué et n'a pas joué; Bobby Hull n'a pas joué parce qu'il venait de rejoindre l'Association mondiale et la LNH ne l'a pas laissé jouer avec nous.
«Si vous regardez la formation de 1976, c'est la meilleure équipe qui a été formée. En défensive, nous avions Larry Robinson, Denis Potvin, Bobby Orr, Guy Lapointe... Il y avait plusieurs gagnants du trophée Norris et Guy Lafleur comme attaquant.»
Un peu de bonne volonté
Impossible de ne pas demander l'avis de Serge Savard, qui connaît très bien le monde du hockey et des affaires, son opinion par rapport au lock-out dans la LNH. L'ancien directeur général des Canadiens de Montréal croit que le conflit pourrait être résolu relativement rapidement.
«Ouf! tout d'abord, je ne suis pas un dur durant des négociations, a déclaré Savard. Je n'ai jamais eu de problèmes à négocier avec mes joueurs parce que je m'assoyais avec eux. Je pense que lorsque tu décrètes un lock-out, et là je ne veux pas critiquer personne, mais tu ne passes pas deux semaines sans parler, ce sont deux semaines perdues. Je crois qu'on aurait dû s'asseoir tout de suite.
«Lors du dernier lock-out, on se battait pour un système de plafond salarial, qui est maintenant en place. Cette fois-ci, ce n'est qu'une question de chiffres et ça pourrait se régler très rapidement avec un peu de bonne volonté.»
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