Canadien

White, le «mauvais garçon»

Le 8 février 2013 à 12h22 | Journal de Montréal | Jean-François Chaumont

Depuis l’arrivée de Michel Therrien, il y a un énorme slogan où l’on peut lire «pas d’excuse» dans le vestiaire du Canadien. À priori, Ryan White croyait avoir appris cette leçon.

De retour au jeu après un purgatoire de trois rencontres, White a encore décroché le rôle de bouc émissaire dans un revers de 5-4 face aux Sabres, jeudi, à Buffalo.

«J’aurais parié que je ne pouvais pas retomber dans le piège de l’indiscipline, mais je l’ai encore fait, a murmuré White encerclé par une dizaine de journalistes après un entraînement optionnel, vendredi, à Brossard.

«J’ai toujours su rester discipliné, mais je ne l’ai pas fait à plusieurs reprises cette saison. Chaque fois, j’ai fait mal à l’équipe.»

White a choisi les bons mots. Il a réellement fait mal au Tricolore en troisième période face aux Sabres. Avec un pointage de 4 à 2, le Canadien se dirigeait tranquillement vers une septième victoire en seulement dix matchs.

C’était avant la crampe au cerveau du numéro 53 et sa punition de quatre minutes pour rudesse contre Steve Ott.

«Ott est un gars intelligent, il a toujours joué le rôle d’agitateur dans la LNH et il a réussi à m’attirer au banc des punitions, a rappelé le Manitobain.

«Il m’a frappé assez bas, mais je n’ai pas bien réagi. Je croyais qu’il voulait me frapper dans les genoux et j’ai mal réagi. J’ai agi de façon égoïste, j’ai placé mes intérêts personnels avant ceux de l’équipe. Les Sabres ont repris vie en marquant un but durant mon quatre minutes de punition.»

La bonne ligne

Reconnu comme un joueur combattif, White a pratiquement passé autant de temps au banc des punitions cette année que sur la glace. En sept matchs, il a joué un total de 64 min 02 s, mais il a visité le cachot pour 46 minutes.

«C’est vrai que la ligne est mince entre la passion et l’indiscipline, a-t-il reconnu. Je devrais peut-être demander à quelqu’un de me tracer la ligne pour m’aider ou recevoir un livre de jeux à ce sujet.

«Je peux simplement dire que je suis un joueur émotif et que je joue avec mon cœur, mais depuis quelque temps, mon cœur m’a conduit à de mauvaises décisions.»

Après une petite hésitation, il a lancé cette petite phrase.

«Je ne sais pas quoi dire sauf que je suis probablement un mauvais garçon», a-t-il dit.

La tête basse

Après un vol qui devait lui paraître interminable entre Buffalo et Montréal et une courte nuit de sommeil, White a logiquement participé à l’entraînement optionnel de l’équipe.

Dès son arrivée sur la glace, plusieurs vétérans de l’équipe lui ont glissé de petits mots à l’oreille.

«J’avais la tête basse à mon arrivée sur la glace ce matin, mais les vétérans m’ont dit de me relever la tête et d’oublier cet incident, a expliqué White. Il y a un bon esprit d’équipe dans ce vestiaire.»

En conférence de presse, Therrien n’a pas été aussi colérique que la veille contre son joueur de centre.

«J’ai parlé à Ryan très tôt ce matin, a précisé l’entraîneur-chef. Pour moi, il s’agit de régie interne. Je veux garder ça entre lui et moi.»

White aura encore quelques jours pour réfléchir à ses gestes. Même si Therrien n’a pas voulu le confirmer, le no 53 n’affrontera pas les Maple Leafs de Toron, samedi, au Centre Bell.

C’est White lui-même qui a dit qu’il retournera sur la passerelle de presse.

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