Hockey
Henderson n'aurait pas dû jouer
Le 27 septembre 2012 à 14h56 | Randy Sportak, Agence QMI
Paul Henderson n'aurait pas dû disputer les trois derniers matchs de la Série du siècle de 1972.
Oui, le joueur ayant inscrit le but victorieux dans chacun de ces trois affrontements, incluant le célèbre filet décisif de la dernière rencontre, avec 34 secondes à écouler. Cela fera exactement 40 ans vendredi que l'événement se produisait et pourtant, l'attaquant aurait pu s'absenter en raison d'une mauvaise chute le long de la bande au cours de la cinquième partie.
On l'a fait trébucher sur une échappée et il a glissé sur le dos. L'arrière de sa tête a heurté la bande, l'ébranlant solidement.
«Avec toutes les connaissances dont nous disposons aujourd'hui, jamais je n'aurais pu jouer, a commenté le principal intéressé, qui était l'un des rares membres de la Ligue nationale de hockey (LNH) à porter un casque protecteur.
Ma tête me faisait mal, je n'avais aucune idée de l'endroit où je me trouvais. Ils (les médecins) ont placé quatre ou cinq sacs d'ammoniaque sous mon nez. Mes jambes étaient comme du caoutchouc.
«Le médecin m'a indiqué que je ne pouvais revenir et j'ai dit à Harry (Sinden) : Ne me fais pas cela. Je prendrai cela sur moi, mais je vais jouer.
«Harry a répondu qu'il n'allait pas m'arrêter, mais que je ne devrais pas. J'ai ajouté : «Je le sais, mais je vais jouer».»
L'histoire s'écrit
Dans le sixième match, Henderson a touché la cible en deuxième période alors que les siens l'ont emporté 3-2.
Son but décisif lors de la septième rencontre est l'un des plus mémorables. Avec environ deux minutes à faire, il a trouvé le moyen de s'échapper malgré les quatre rivaux à ses trousses. Il a ensuite décoché un tir au moment où il chutait.
Et qui n'a pas vu son filet victorieux du huitième duel?
«C'était phénoménal de voir quelqu'un réaliser cela : pas seulement marquer trois fois en autant de matchs, mais réussir trois buts vainqueurs, a déclaré son coéquipier de longue date et grand ami, Ron Ellis. Juste cela lui vaudrait une place au Temple de la renommée.
«Durant sa carrière dans la LNH, Paul pouvait connaître une longue séquence de succès quand il était en feu. Dieu merci, il l'a été au bon moment.»
Certains oublient qu'Henderson a fait secouer les cordages sept fois pendant la série. Cependant, le dernier de ses buts a été empreint d'un peu de tristesse. Sa première pensée au terme des célébrations d'après-match était pour son père.
«Cela m'a surpris. Il aurait aimé ça. Je ne pensais pas à lui avant ce jour-là, j'étais beaucoup plus proche de ma mère. Mon père est mort jeune, à 49 ans, en 1968. Mais il y a toujours un lien père-fils et j'ai une nanoseconde de mélancolie. (...) Et après, j'ai sauté dans les bras de (Yvan) Cournoyer.»
Malgré le fait que tous se souviennent encore maintenant de son but, Henderson n'a obtenu la reconnaissance à une large échelle que quelques années plus tard. Actuellement, la classe qu'il démontre en parlant de ce grand moment équivaut à celle qu'il incarne dans son combat contre la leucémie lymphocytaire chronique.
«J'ai tenté de représenter un bon modèle pour plusieurs raisons, a-t-il précisé. Après être devenu un chrétien (en 1975), j'ai compris que la vie n'était pas seulement à propos de moi-même. La dimension spirituelle de la vie m'a fait voir que vous devez assumer vos responsabilités en tant que mari, père de famille, ami et joueur de hockey.
«(...) Je sais qui je suis. Être élu au Temple de la renommée ne changera rien à ma vie. J'ai maintenant 69 ans et je ne peux voir quiconque menant une plus belle vie. (...) J'ai la meilleure épouse au monde et sept petits-enfants. Je ne manque de rien.»
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