Hockey
Le développement à coeur
Le 9 octobre 2012 à 20h52 | TVA Sports
Malgré le lock-out dans la Ligue nationale de hockey, l'entraîneur adjoint des Jets de Winnipeg, Pascal Vincent, ne chômera pas.
Comme les activités normales de la LNH sont suspendues, le Québécois profitera du conflit de travail pour participer au développement de l'organisation manitobaine.
À VOIR | Pascal Vincent : première partie | Deuxième partie | Mark Scheifele
«Je suis revenu mardi, mais j'étais parti depuis la fin août à Winnipeg, où on a travaillé fort», a indiqué Vincent lors de son passage sur le plateau de l'émission "Le Match", sur les ondes de la chaîne TVA Sports.
«Ce que nous avons fait, c'est un plan, a-t-il poursuivi. On a préparé plusieurs scénarios, l'un comme si la saison commençait, et l'autre comme s'il y avait un lock-out. Nous avons travaillé sur un paquet de choses, comme nos systèmes de jeu. [Les entraîneurs] ont tous une mission et ce que je fais ici, c'est que j'aide notre recruteur du Québec, Yannick Lemay.
«On continue de travailler, on continue à être payés. Ce que nous tentons de faire, c'est de faire avancer l'organisation. Je vais peut-être aller voir le jeune Scheifele et travailler un peu avec lui. Je vais sans doute aller à Terre-Neuve travailler avec notre club-école.»
Mark Scheifele représente l'un des plus beaux espoirs de l'organisation, et ce dernier évolue dans la Ligue américaine de hockey, avec les Ice Caps de St. John's.
«Je ne l'ai pas vu cette saison, mais c'est un joueur de centre qui possède une belle vision, a commenté Vincent. Il a joué pour Équipe Canada l'an dernier au Championnat du monde junior, il est très créatif. Il a joué six ou sept matchs avec les Jets l'an passé et il a marqué un ou deux buts.
«On l'utilisait sur l'avantage numérique. C'est un joueur très brillant, qui sait bien se positionner en zone offensive, qui trouve les espaces libres. C'est un jeune qui est quand même fort physiquement, il a la capacité de remporter des batailles à un contre un le long des rampes et il n'a seulement que 18 ans. C'est un bon passeur, il est capable de lancer la rondelle, il a beaucoup de potentiel. Ce sera un joueur important pour les Jets pendant plusieurs années.»
Vincent, qui a fait déjà été l'entraîneur du défunt Junior de Montréal et qui aussi travaillé comme adjoint avec Équipe Canada junior, retourne en quelque sorte à ses racines en travaillant avec de jeunes talents, lui qui ne peut plus avoir de contact avec les joueurs professionnels évoluant pour les Jets.
«On ne se parle pas, a expliqué Vincent. Je ne sais pas s'il y a une amende, mais il y a des règles qui sont mises en place et moi, je suis là pour les respecter.»
L'envers de la médaille
Travailler au développement des joueurs n'est pas toujours facile. Bien évidemment, travaillé avec des joueurs comme Scheifele, qui possède indéniablement le talent et le physique pour évoluer au plus haut niveau est plus simple. L'entraîneur sait qu'il a sous la main un diamant brut, qu'il doit façonner et former.
Travailler avec des jeunes qui ne pourront peut-être jamais réaliser leur rêve d'enfiler un uniforme de la LNH se révèle être beaucoup plus difficile. Surtout au niveau personnel et émotif.
Dans la LNH, bien sûr, les joueurs qui doivent êtres retranchés lors des camps d'entraînement l'apprennent individuellement, dans un bureau. Toutefois, tous les entraîneurs ne procèdent pas de la même manière.
«De mon expérience dans le Midget AAA, et aussi avec le Junior de Montréal et Équipe Canada, lorsque la décision de couper un jeune était prise, il y avait une préparation de ce qui devait lui être dit, a affirmé l'entraîneur. Pour un individu, qu'il soit âgé de huit ou 17 ans, c'est inacceptable de faire ça en public, devant des gens. C'est de l'humiliation et ce n'est pas nécessaire. Le jeune homme vit une déception qu'elle soit grande ou qu'elle soit minime. Même s'il s'y attendait, il a besoin d'une explication, il a droit à ce respect.
«Au-delà de ça, ce qu'on tente de faire, c'est d'expliquer non seulement pourquoi il a été retranché, mais aussi ce sur quoi il doit travailler. Il faut se rappeler que lorsque l'on coupe un jeune, c'est une décision, une opinion. Ce n'est pas noir et blanc, ça se peut que tu te trompes! Prenez, par exemple, le jeune David Perron, qui jouait Midget A!»
Pour le pilote québécois, toutes les façons sont bonnes pour éviter l'humiliation à un jeune qui est retranché.
«Avec Équipe Canada Junior, on réveillait le joueur à 6h du matin, a déclaré Vincent. Le temps qu'il se rende à la salle de conférence, c'est sûr qu'il savait ce que nous allions lui dire, mais il n'était pas humilié, il n'y avait pas de médias.
«Au niveau professionnel, cela se fait de la même façon. Les motifs peuvent être différents, par contre. Ce sont des rencontres individuelles, avec une explication du pourquoi et une liste de choses sur lesquelles il devait travailler. Après ça, nous, les entraîneurs adjoints, allions voir le joueur pour parler avec lui.»
Un rêve brisé
La grande majorité des jeunes hockeyeurs qui travaillent d'arrache-pied pour se rendre jusqu'à la LNH doivent un jour ou l'autre se rendre à l'évidence : leur rêve ne se réalisera peut-être jamais. Souvent, c'est cette dramatique réalisation qui est la plus difficile à vivre et à accepter.
«Lorsque tu retranches un joueur d'un camp junior, le jeune réalise que s'il ne joue pas junior majeur, c'est la fin du rêve, a lancé Vincent. Se faire dire à 16 ou 17 ans que ton rêve d'enfance est fini, c'est difficile... Tu sors la boîte de "Kleenex", et ça peut être long, mais on prend notre temps. Il faut qu'ils passent à travers ça.
«C'est difficile pour les joueurs et c'est aussi difficile pour les entraîneurs. Les premières coupures ne sont pas plus faciles, mais elles sont plus évidentes. Mais les deux ou trois dernières coupures...»
Winnipeg veut du hockey
Bien évidemment, les partisans manitobains sont excessivement déçus par le conflit de travail et l'absence de hockey professionnel et l'entraîneur Québécois en est tout à fait conscient. Il n'y peut cependant rien.
«Les gens attendaient l'équipe depuis si longtemps, ça a été un gros succès l'en passé, a affirmé Vincent. Cette année, les gens étaient anxieux d'avoir une équipe de retour pour une deuxième année, d'autant plus qu'ils connaissent les joueurs et qu'il y a un lien qui s'est créé avec les joueurs.»
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