LNH
Québec reste dans la course
Le 7 mai 2012 à 19h31 | Albert Ladouceur, Le journal de Québec
En annonçant une entente de principe avec Greg Jamison et son groupe, conditionnelle à un partenariat financier avec la Ville de Glendale, le commissaire Gary Bettman sonne la charge.
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Il met la pression sur les autorités municipales qui porteront le blâme si les Coyotes déménagent, sauf si «un troisième parti» empêche la LNH, Jamison et la mairesse, Elaine Scruggs, d'apposer leurs signatures au bas du contrat qui assurerait la survie des Coyotes à Phoenix.
Bettman faisait allusion bien entendu au Goldwater Institute, qu'il n'a jamais nommé, même lorsqu'un journaliste a prononcé ce nom. Il s'en remet à la structure de l'entente avec Jamison qui, dit-il, diffère de celle avec Matthew Hulsizer. Il a toutefois refusé d'en donner les grandes lignes.
Bettman se montre très habile stratégiquement à ce stade-ci. Il se manifeste au moment où l'équipe vit une période euphorique et obtient une réponse inégalée au niveau des assistances. Il capitalise sur le contexte gagnant d'une organisation qui n'a jamais réussi à s'implanter solidement dans le désert de l'Arizona.
Fort de cette entente avec Jamison, il peut maintenant dire à la mairesse Scruggs et au conseil municipal qu'il a réalisé son mandat en trouvant l'acheteur qui ne déménagera pas les Coyotes. Il en assure la survie de son côté. Le message est clair envers la politicienne.
Elle doit maintenant accepter d'engloutir des millions dans la gestion du Jobing.com Arena et des Coyotes. Même s'il a dû déjà augmenter le fardeau fiscal de ses citoyens.
Positionnement du Goldwater Institute
Bettman n'attendra pas des mois la réponse de la Ville. Il a clairement laissé entendre que le dossier doit progresser rapidement. Il mise sur une plus grande réceptivité de la population et sur la pression des commerçants du Westgate Center autour de l'amphithéâtre.
En agissant ainsi, il force également le Goldwater Institute, protecteur des droits du contribuable, à se positionner rapidement. S'il récidive, il compliquera le dossier et pourrait causer sa perte. Comme ce fut le cas avec Hulsizer.
Pour Bettman, il fallait que ça bouge à Phoenix, alors que l'équipe prolonge sa saison avec ses victoires imprévues dans les séries. Ça ne pouvait plus rester stagnant en ce début de mai. Des propriétaires de la LNH s'impatientent. Ils en ont assez de contribuer aux déficits des Coyotes alors que se prépare la négociation de la convention collective.
Il se pourrait également que Bettman soit au courant que toutes les ficelles sont attachées et que la Ville annoncera à court terme qu'elle soutient financièrement les Coyotes. Cela constituerait une victoire sur toute la ligne pour la LNH et une déception, non pas une défaite, pour Québec.
Mais cette hypothèse m'apparaît peu plausible après avoir écouté la conférence. Il ne cachait pas une certaine nervosité.
D'autres équipes
Si la Ville n'embarque pas ou si le Goldwater Institute met des bâtons dans les roues, Bettman devra se résigner à vendre l'équipe à un acheteur qui la déménagera. Québec se compare actuellement à un boxeur qui prend le compte de huit. Il peut s'en remettre et gagner, comme il peut être mis K.-O. au prochain coup de poing.
Si Québec échappe les Coyotes, ce n'est pas la mort du rêve, mais plutôt sa poursuite. On a oublié tous les problèmes à Columbus, cette saison.
À l'automne, le propriétaire, John P. McConnel, a affirmé qu'il en avait assez de voir son équipe perdre et engloutir des sommes astronomiques. Les déficits de plusieurs millions, il les assume. Ils ne sont pas 30 équipes à se les partager, comme c'était le cas avec les Coyotes. Et Columbus ne constitue pas un marché «glamour pour la LNH.
Jeff Vanderbeek, propriétaire majoritaire des Devils du New Jersey, a contracté un prêt de 80 millions qu'il doit rembourser en six mois, la date étant quelque part en juillet. Il se fie à des droits de télévision.
Il faut éviter la grande déprime à Québec. Si ce n'est pas Phoenix, il y en aura bien une équipe à moyen terme.
Dans ce dossier, Québec reste vivante.
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