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Mikaël Lalancette

Mikaël Lalancette

Journaliste et expert de la LHJMQ

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André Tourigny  

André Tourigny

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Agence QMI

LHJMQ

LHJMQ : Rétrospective 2012

Le 27 décembre 2012 à 17h04 | Mikaël Lalancette

A pour ANDRÉ : André Tourigny a connu une année 2012 fertile en émotions. Après avoir décidé de ne pas s’impliquer au sein d’Équipe Canada junior en 2012, le grand manitou des Huskies a consacré 100% de ses efforts à Rouyn-Noranda. Cet automne, Tourigny a inscrit une nouvelle marque de longévité derrière le banc d’une même équipe junior en améliorant le record de Denis Francoeur. Ses Huskies ont connu un début de saison 2012-13 du tonnerre après des années de vache maigre. On sent que la méthode Tourigny fonctionne encore très bien en Abitibi. L’acquisition de Nikita Kucherov, Gabriel Desjardins et Andrew O’Brien ont été des coups payants. Comme le disait Patrick Roy à la blague, Tourigny pourrait songer à se présenter à la mairie et croire en ses chances d’être élu.

B pour BLESSURES : 2012 a été synonyme de blessures chez les Olympiques de Gatineau. Benoît Groulx a dû se casser la tête pour combler tous les besoins avec une infirmerie qui débordait dès le début de la saison 2012-13. Deux joueurs ont été particulièrement éprouvés dans le circuit : Étienne Marcoux s’est remis de deux luxations de l’épaule alors que Charles Hudon a été victime d’une commotion cérébrale et d’une vilaine blessure au dos. Les deux Québécois ont vu leur rêve de participer au Championnat mondial junior s’envoler en fumée cette année. Tristes dénouements.

C pour CHANGEMENTS : D’importants changements de garde ont marqué l’année 2012. Le contrat de gestion des Saguenéens de Chicoutimi a été retiré au groupe de Guy Carbonneau après 11 ans et s’est retrouvé entre les mains de Pierre-Marc Bouchard. Les Sags sont une organisation solide mais il a fallu procéder à certains ajustements après avoir promis des redevances aussi élevées à Ville Saguenay. Les Foreurs de Val-d’Or ont ensuite été vendus à un groupe d’hommes d’affaires locaux dans un contexte difficile de déficits répétés. La LHJMQ a surveillé d’un oeil attentif ces deux changements de garde dans des villes importantes.

D pour DUO : Le duo que forment Serge Beausoleil et Philippe Boucher à Rimouski n’a pas fini de faire des ravages. Les décisions prises lors de la période de transactions qui a pris fin en janvier a donné le ton à une deuxième moitié de saison riche en émotions. Rimouski a accédé à la finale de la coupe du Président après avoir arraché un septième match sur la patinoire de l’Armada, un fait d’armes plutôt intéressant. Le début de saison 2012-13 de l’Océanic dépasse toutes les attentes.

E pour EXIL : Deux entraîneurs ont quitté la LHJMQ pour les rangs professionnels cette année : Gerard Gallant et Donald Dufresne. Le premier a réécrit le livre des records de la LHJMQ en alignant une troisième saison de 100 points en 2012 et le second a gradué au sein de l’organisation du Canadien, en pleine session d’embauches au Québec. Qui seront les prochains? C’est l’éternelle question mais on ne peut que se réjouir de voir des entraîneurs d’ici accéder à des échelons supérieurs. Patrick Roy, Benoît Groulx, André Tourigny, Jean-François Houle et Éric Veilleux sont des candidats de qualité.

F pour FUCALE : Zachary Fucale a connu une année 2012 couronnée de succès. Le jeune gardien des Mooseheads a encaissé une tonne de pression avec un calme désarmant. Le jeune homme a tellement connu de succès que plusieurs le voyaient recevoir une invitation pour le camp d’évaluation d’Équipe Canada junior. Il sera sur les rangs pour le poste de gardien numéro 1 de la formation canadienne en 2014. En novembre, Fucale est devenu le gardien le plus rapide à remporter 50 victoires dans l’histoire de la LHJMQ. Pas si mal pour le jeune homme de 17 ans, qui sera repêché en juin prochain.

G pour GRIGORENKO : 2012 a bien mal commencé pour Mikhail Grigorenko. Blessé au Championnat mondial junior, retourné aux Remparts et soigné pour une mononucléose, le Russe a été malmené dans les médias sportifs nord-américains. Critiqué pour son manque d’intensité et déclassé par certains observateurs en vue de la séance de sélection de 2012, Grigorenko a finalement été réclamé 12e par les Sabres. Le Russe a effectué un retour en force marqué dans la LHJMQ cet automne. On saura mieux qui avait raison dans la «saga Grigorenko» dans quelques saisons seulement mais la fin de l’année est plus encourageante que le début.

H pour HOCKEY CANADA : Hockey Canada est en train de revivre au Québec. Après 18 ans d’absence, le Défi mondial des moins de 17 ans est de retour au Québec grâce à l’acharnement de Jérôme Mésonéro. Les villes de Drummondville et Victoriaville vibrent au rythme des meilleurs hockeyeurs de moins de 17 ans de la planète en cette fin d’année. Québec a aussi signifié son intérêt pour le Mondial des moins de 20 ans. La dernière édition du Mondial junior au Québec remonte à 1978. Équipe Canada junior s’est aussi doté de deux entraîneurs-adjoints québécois pour le Championnat mondial junior à Ufa, une première depuis belle lurette.

I pour INVINCIBLES : On les croyait invincibles et champions de la coupe Memorial 2012 avant même que le tournoi débute mais les Sea Dogs ont trébuché. Après deux années complètes à faire la pluie et le beau temps et à effectuer des remontées de dernières minutes, les Sea Dogs ont vu leur rêve de victoires prendre fin contre les Cataractes en demi-finale de la coupe Memorial. Lorsque Jonathan Huberdeau et Tomas Jurco ont marqué pour créer l’égalité 4-4 après avoir tiré de l’arrière 4-2, on croyait les Sea Dogs en train de refaire le même coup qu’ils avaient si souvent servi dans les séries de 2012. Toute bonne chose a une fin! Les Sea Dogs ont mis la barre élevée pour les prochains champions de la coupe du Président.

J pour JONATHAN : Jonathan Huberdeau a vécu à la dure l’année 2012. L’attaquant vedette des Sea Dogs a d’abord perdu le haut du pavé lors de l’arrivée de Charlie Coyle à Saint-Jean, une réalité avec laquelle le natif de Saint-Jérôme a eu de la difficulté à composer. Huberdeau a dû par la suite oublier son rêve de sauter dans la Ligue nationale dès l’automne, paralysée par un lock-out. Aucun doute possible, Huberdeau a marqué à jamais l’histoire des Sea Dogs en participant à deux conquêtes de championnats de saison régulière, deux coupes du Président et d’une coupe Memorial. L’autre Jonathan de 2012, Drouin celui-là, a été une révélation pour plusieurs. L’attaquant des Mooseheads, qui a créé une surprise aux yeux de plusieurs en se taillant un poste avec Équipe Canada junior à 17 ans, a un bel avenir devant lui.

K pour KEVIN : Philippe Boucher a rapatrié tout un défenseur en mettant le grappin sur Kevin Gagné des Sea Dogs le 21 décembre dernier. Si cette transaction lui est aussi profitable que l’acquisition de Jean-Philippe Mathieu à sa première saison comme DG dans le circuit, Boucher ajoutera encore plusieurs kilomètres à son compteur lors des prochaines séries éliminatoires. Le retrait de Gagné sur le marché des transactions complique la vie de quelques DG. En tenant compte de 2012 seulement, Boucher mon DG de l’année.

L pour LICENCIEMENTS : Qui dit hockey dit congédiements. Ils ont été quelques-uns à perdre leur emploi en 2012 mais plusieurs ont été rescapés. Le duo Pierre Roux-Ron Choules a écopé du mauvais début de saison des Screaming Eagles. Marc-André Dumont a perdu la double fonction à Val-d’Or avant de récupérer les postes laissés vacants par Choules et Roux. Danny Dupont s’est vu confier le difficile poste d’entraîneur-chef du Titan après le licenciement d’Éric Dubois, récupéré par l’Océanic. Un beau jeu de chaise musicale qui ne laisse pas beaucoup de joueurs autonomes sur le marché. La qualité des entraîneurs de la LHJMQ en 2012 est impressionnante.

M pour MOOSEHEADS : Les Mooseheads attaquent 2013 gonflés à bloc de plusieurs réussites en 2012. Les spectateurs sont de retour au Metro Centre et Dominique Ducharme dirige de main et de maître les Drouin, MacKinnon, Fucale, Frk, Ciampini et Fournier. Halifax n’a perdu que trois matchs en temps régulier en 34 sorties depuis le début de la saison 2012-13. S’ils maintiennent la cadence dans la deuxième portion du calendrier régulier, ils s’approcheront de la meilleure récolte de points de l’histoire de la LHJMQ (122 points en 72 matchs des Draveurs de Trois-Rivières en 1978-79). Les Sea Dogs de 2010-11 en ont amassé 119 en 68 parties.

N pour NOUVEAUX : De nouveaux visages ont fait leur entrée dans la LHJMQ. Dans le feu de l’action, quatre nouveaux entraîneurs ont pris place derrière un banc. Denis Chalifoux a obtenu sa chance avec les Cataractes, Danny Dupont avec le Titan, Mike Kelly avec les Sea Dogs et Judes Vallée avec le Phoenix. Ces quatre passionnés de hockey ont de beaux défis devant eux mais ils ont été à la bonne école. Les Sea Dogs poursuivent dans la même veine avec Kelly. Léo-Guy Morissette a embauché un dur de dur pour remettre le Titan sur les rails mais le caractère bouillant de Dupont rééquilibre le jeu de coulisses au Centre KC Irving. Vallée et Chalifoux héritent d’équipes faibles mais les deux s’en tirent plutôt bien depuis septembre.

O pour OR : Hélas pour les différents acteurs de la LHJMQ, les médailles d’or ont été plutôt rares en 2012. Équipe Québec a terminé sixième au Défi mondial des moins de 17 ans en janvier à Windsor et le Phénix du Collège Esther-Blondin a subi une défaite crève-coeur de 6-5 en deuxième prolongation en finale de la coupe TELUS contre Red Deer après avoir mené 5-1. Seule la formation canadienne des moins de 18 ans du tournoi commémoratif Ivan-Hlinka a remporté une médaille d’or en 2012. Du nombre : Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin,  Anthony Duclair, Yan-Pavel Laplante et Jérémy Grégoire.

P pour PÉNALITÉ : Les sanctions décernées par les Ligues juniors de l’Ontario et de l’Ouest aux Spitfires de Windsor et aux Winterhawks de Portland ne sont pas des tapes sur les doigts. Ce sont de véritables gifless au visage. Ces deux organisations de premier plan dans la Ligue canadienne de hockey ne se remettront pas facilement des pénalités leur retranchant quatre et sept choix de repêchage respectivement. Considérant que ces marchés sont des machines à imprimer de l’argent, les sanctions monétaires de 200 000$ et 250 000$ sont plutôt symboliques mais cela soulève une foule de questions. La LHJMQ doit-elle rester à l’écart dans ce dossier enquêtes sur les avantages financiers illégaux accordés aux familles et aux joueurs?

Q pour QUARANTE : Les Saguenéens et les Olympiques célèbrent leur 40e anniversaire dans la LHJMQ cette année. Si les célébrations ont plutôt passé sous silence au Saguenay, Alain Sear a mis les Olympiques en mode nostalgie. Des noms importants dans l’histoire de cette prestigieuse organisation ont été honorés, notamment Claude Julien et Maxime Talbot. Les Saguenéens vont suivre avec un carnet chargé en deuxième moitié de saison et recevront tout le monde l’été prochain pour la semaine du repêchage. Le chiffre magique de 41, année record de joueurs de la LHJMQ sélectionnés dans un repêchage de la LNH, sera-t-il battu en 2013? L’année 2012 a prouvé que le circuit Courteau offrait une cuvée de grande qualité.

R pour RETOUR : On avait tous hâte d’assister au retour de Sherbrooke dans le giron de la LHJMQ et on peut affirmer avec certitude que le lancement a été une grande réussite. Le retour du hockey junior au Palais des Sports offre à la LHJMQ une présence dans un bon marché de hockey. La présence du trio d’hommes forts du Phoenix (Patrick Charbonneau, Judes Vallée et Jocelyn Thibault) a permis de jeter des bases solides. Le meilleur vendeur du hockey junior à Sherbrooke dans les prochaines années s’appelle Daniel Audette, une autre des personnalités fortes de 2012 dans la LHJMQ. Mention honorable à l’immortel Mario Durocher, qui a effectué un retour derrière un banc, cette fois avec les Foreurs de Val-d’Or. Un véritable chat à neuf vies.

S pour SURPRISES : La surprise de 2012 appartient sans contredit au Drakkar de Baie-Comeau, qui a renversé les Tigres en quatre parties dans la première ronde des séries de 2012. La formation de la Côte-Nord n’est plus la même depuis le départ de Mario Pouliot et la venue d’Éric Veilleux n’a fait qu’accélérer la remontée du Drakkar. On ne peut plus dire que le bateau navigue en eaux troubles. Les mois de septembre à décembre ont aussi été plutôt joyeux pour le Rocket de l’Île-du-Prince-Édouard, mené par le populaire Gordie Dwyer. Jean-Sébastien Dea se mérite un coup de chapeau pour tous les buts marqués depuis le début de saison. Vraiment, celle-là on ne l’avait pas vu venir.

T pour TROIS : Trois, c’est le nombre de joueurs européens qu’ont eu les Remparts de Québec pendant des semaines. Patrick Roy a profité d’un changement de règlement pour les joueurs repêchés en première ronde pour faire durer le suspense, une triste affaire qui a laissé un très mauvais souvenir à plusieurs DG. Tout ça pour... presque rien. Les Remparts ont gardé le duo Sorensen-Grigorenko et ont échangé Nikita Kucherov aux Huskies. Le nouveau règlement a montré qu’il avait une faille importante : donner un avantage aux gros marchés qui repêchent les meilleurs joueurs européens.

U pour USA : Le chemin du retour des États-Unis a été plutôt favorable cette année. Nathan MacKinnon et Jonathan Drouin évoluent dans la LHJMQ, en plus de la venue de Yasin Cissé, Stefan Matteau, Charlie Coyle et Adam Erne. 2012 offre donc un bon bilan à la LHJMQ... la première année après la mort des MAINEiacs de Lewiston, seule équipe américaine à évoluer dans le circuit junior québécois.

V pour VEILLEUX : Aucun doute possible : Éric Veilleux est la personnalité de l’année dans la Ligue canadienne de hockey. Après les semaines difficiles au point de vue personnel qui ont suivi l’élimination des Cataractes de Shawinigan et les rumeurs de congédiement, Veilleux a rassemblé les siens pendant un mois pour le tournoi de la coupe Memorial. Personne ne donnait cher de la peau des Cataractes, qui n’avaient jamais remporté de championnat. Veilleux a révélé un côté coloré et détendu avec les médias nationaux et mérite tout le crédit qui lui revient de cette éprouvante conquête. L’image des Cataractes ne sera plus jamais la même après cette coupe Memorial.

W pour WILDCATS : Les Wildcats ont fait beaucoup parlé d’eux en début d’année lorsqu’ils ont troqué le meilleur défenseur au pays, Brandon Gormley, à Shawinigan. La fin de l’année a été à l’image du début avec les nombreuses transactions effectuées en vue des prochaines séries éliminatoires. La lutte entre les Wildcats et les Mooseheads en 2013 sera intéressante et la venue des Narbonne, Racine, Dubeau et Veilleux au Nouveau-Brunswick a transformé cette formation qui est en mode rodage.

X pour XAVIER : La place qu’occupe Xavier Ouellet dans le succès que connait l’Armada de Blainville-Boisbriand a été dévoilée au grand jour en décembre. L’Armada n’est plus l’ombre d’elle-même sans Étienne Marcoux et son pilier à la ligne bleue. Ouellet n’a pas volé sa place avec Équipe Canada junior. Dans les bureaux de l’Armada, on doit réfléchir à la stratégie à adopter d’ici le 8 janvier. Que sera cette équipe sans Xavier Ouellet? Doit-on sacrifier de jeunes espoirs de l’organisation pour mieux se positionner en vue des prochaines séries? Rien n’indique que les victoires seront au rendez-vous aussi souvent dans les prochaines années sans le duo Marcoux-Ouellet. Le piètre rendement de l’équipe (1 victoire et 8 défaites) en décembre est peut-être survenu au bon moment.

Y pour YANNI : Le championnat des marqueurs de Yanni Gourde, le premier pour un joueur non-repêché dans la LHJMQ depuis Jean Savard en 1976-77, est un bel exemple de détermination. Gourde a aussi célébré 2012 avec un contrat avec le club-école des Sharks dans la Ligue américaine. Ce joueur de petit gabarit est une belle inspiration pour tous les petits joueurs qui se font répéter qu’ils sont malheureusement trop petits pour connaître une belle carrière au hockey. Gourde a fait mentir ses détracteurs. C’est la leçon de 2012.

Z pour ZLOBIN : Comment ne pas parler d’Anton Zlobin dans une rétrospective de l’année? À lui seul, Zlobin a fait pleurer et vibrer des milliers d’amateurs de hockey qui ont suivi les faits et gestes des Cataractes durant le tournoi de la coupe Memorial. Son but en prolongation lors de la finale des Knights de London sera vu et revu dans les vidéos à saveur historique de la LHJMQ pour les 50 prochaines années. Le nouvel attaquant des Foreurs de Val-d’Or a aussi fait la démonstration qu’un Russe pouvait s’épanouir à Shawinigan, une ville qui avait maille à partir avec les préjugés à la fin des années 90. Shawinigan s’est payée toute une vitrine ce printemps et ne regrettera pas toute l’énergie déployée.

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