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Erik Cole

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Les états d’âme de Cole

Le 12 janvier 2013 à 13h49 | Paul Rivard

Erik Cole en a surpris (et chagriné) plus d’un, vendredi, lorsqu’il a dit qu’il envisageait la retraite à la fin de la prochaine saison.

La surprise de ses admirateurs, dont je suis, vient assurément du fait qu’il a représenté une des rares bouffées d’air frais dans la campagne particulièrement étouffante qu’ont subi les supporters du CH l’an dernier. Pour une fois, un vétéran acquis par le Tricolore, a pleinement justifié les attentes placées en lui. Guerrier, mentor, copain et compteur, Cole a rempli tous ces rôles alors que le Bleu-Blanc-Rouge manquait tristement de couleur.

Dévasté par le conflit

Erik Cole a été déçu, voir dépité par ce conflit. «Je persiste à dire que ce conflit n’aurait jamais dû avoir lieu. C’est une honte!» a-t-il répété aux journalistes.

Ce n’est pas la première fois qu’il énonce la possibilité de se retirer. Non seulement les résultats pathétiques de son équipe, en 2012, attaquaient sa fierté au plus haut point, mais il a été dévasté par l’interminable chassé-croisé joueurs-proprios de l’automne. Au grand dam de la direction du Tricolore, il a été jusqu’à s’afficher dans les médias avec une casquette où il était écrit un message offensant à l’intention du Commissaire Gary Bettman et pour laquelle le jeu de mots n’avait pas besoin d’explication: «Puck Gary». L’image de la casquette, bien placée sur un sac portant le logo des Canadiens, a fait le tour des médias et n’a sûrement pas eu l’heur de plaire à Geoff Molson et au reste de l’état-major de l’équipe. Si la frustration des athlètes était justifiable, le fait d’associer vulgarité et emblème de l’équipe n’est jamais bien appréciée des employeurs, peu importe le conflit.

Oui, Cole a été écœuré par le conflit, au point de décrocher de cet environnement de travail qu’il a toujours aimé. Au point aussi d’apprécier la vie loin du hockey, dans le confort de son foyer, au propre comme au figuré.

«Home, sweet home»

Depuis la nuit des temps, on entend souvent dire qu’un joueur de hockey à la retraite se morfond dans sa «nouvelle vie». Habitué depuis son plus jeune âge à l’atmosphère grégaire d’une équipe de hockey, il se retrouve seul à organiser sa vie et, souvent, à travailler dur pour gagner moins, beaucoup moins d’argent.

Il est plutôt bizarre d’entendre un joueur dire qu’il a pris goût à se retrouver chez soi. C’est pourtant ce qu’avouait Cole. «J’ai adoré passer du temps à la maison. Mes enfants sont inscrits à l’école jusqu’au mois de juin. Je réévaluerai la situation à ce moment [une fois les classes terminées]. D’autant plus que ma fille sera dans une année de transition scolaire l’an prochain.»

Comprenez-moi bien. Je ne reprocherai jamais à un joueur d’apprécier sa vie de couple ou de parent. Je suis un homme de famille et Dieu sait que je sais de quoi il parle. Mais l’impression bizarre demeure.

Mauvaise passe?

Cole file-t-il un mauvais coton ou souffre-t-il, bien malgré lui, d’un «syndrome post-lockout», principalement dû à un mélange de frustration et de dépit? Possible.

J’entendais Paul Houde, du 98,5FM, vendredi après-midi, émettre la même surprise quant à la position de ce joueur qu’il admire pour les mêmes raisons que j’ai énoncées plus haut. Les athlètes professionnels ne sont pas immunisés d’un ennemi aussi sournois que le sont découragement ou les pensées négatives, simplement parce qu’ils ont des revenus de rêve et qu’ils sont les idoles du peuple. Ils sont avant tout des humains, ne l’oublions pas.

Erik Cole changera-t-il d’attitude si le Tricolore en venait à remporter des victoires et à être compétitif, à la hauteur de ses attentes? Pourrait-il vraiment se retirer et lever le nez sur le montant global de huit millions qu’il lui resterait à empocher pour les deux dernières années du contrat auquel il tournerait le dos s’il se retirait? Changera-t-il d’idée et poursuivra-t-il sa belle carrière, au grand plaisir de la direction et des partisans?

Car, le Erik Cole qui fonçait ardemment vers le filet, l’an dernier, était le leader et le joueur charismatique que les fans du CH aiment et adulent.

Croisons nos doigts.

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