Adam Van Koeverden  

Adam Van Koeverden

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Reuters / Jim Young © Thomson Reuters 2012

Sports d'été

La mauvaise couleur de médaille

Le 8 août 2012 à 9h47 | Rob Longley, Agence QMI

Le jour où il sera honteux de remporter une médaille d'argent, on va cesser de les distribuer, soutient Adam van Koeverden.

Tout de même, l'athlète ontarien avait l'air de quelqu'un qui en avait échappé une, mercredi matin, après avoir obtenu l'argent au kayak, dans la catégorie K-1 1000 mètres.

Adam van Koeverden souriait et appréciait la médaille qui pendait à son cou, mais pas autant que si elle avait été d'une autre couleur.

Les premiers mots qu'il a dit à sa mère, celle qui l'amenait au Burloak Canoe Club à Oakville, en Ontario, durant son adolescence, sonnaient comme des excuses.

«C'est la mauvaise couleur», a-t-il laissé tomber.

Malgré l'ardeur de son effort, alors qu'il a pratiquement mené l'épreuve de bout en bout avant de se faire coiffer au fil d'arrivée par son ami et partenaire d'entraînement, le Norvégien Eirik Veras Larssen, sa quatrième médaille olympique en carrière n'était pas celle qu'il voulait. Même s'il est devenu du même coup le pagayeur canadien le plus médaillé de l'histoire.

«Pour Adam, c'est une déception de ne pas gagner, parce qu'on était venu pour ça, a observé son entraîneur, Scott Oldershaw. Demain matin, la médaille d'argent va être formidable. En ce moment, il y a encore la déception de ne pas avoir gagné.»

«Il a tout donné», a-t-il ajouté.

Pendant un bon moment, il a semblé que l'opposition n'allait jamais le rejoindre. Il a pris les devants dès le départ, fidèle à son habitude. Au 250e mètre, il devançait Larssen par une seconde. À la mi-course, son embarcation avançait encore avec autorité. Au 750e mètre, son avance s'était considérablement réduite. Puis Larssen est passé.

«Ce n'est pas que mon plan de course a mal tourné, a analysé van Koeverden. C'est qu'un gars, un seul dans le monde, a été meilleur que moi.»

Ce n'était pas par beaucoup, ni par surprise. Les deux s'entraînent ensemble et van Koeverden savait très bien ce dont le Norvégien était capable quand ils se sont affrontés.

«Eirik et moi avons dû faire 1000 entraînements ensemble, a expliqué l'Ontarien. On le fait depuis 14 ans et je serais prêt à parier qu'on est 50-50 à l'entraînement. On s'entraîne pour gagner, mais les autres gars le font aussi. »

Le kayakiste, qui en est à ses troisièmes Jeux olympiques, est davantage en mesure de rationnaliser la situation.

«Je suis le même gars qu'en 2004, a-t-il expliqué. Je veux toujours autant gagner. Mais j'ai plus d'expérience et de perspective sur le concept de la victoire et sur le fait qu'on ne peut pas gagner à tous les coups.»

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