Sports d'été
Trois générations derrière la médaille
Le 8 août 2012 à 7h23 | Rob Longley, Agence QMI
Dans sa chambre d'hôtel, Mark Oldershaw a la rame que son grand-père Bert a utilisée lorsqu'il a pris part aux Jeux olympiques de Londres, en 1948.
Oldershaw, qui a gagné la médaille de bronze en canoë-kayak, catégorie C-1 1000 mètres, mercredi matin, s'en sert comme outil de motivation. Elle lui rappelle aussi d'où il vient. Son père Scott et ses oncles Dean et Reed ont aussi participé aux Jeux. Mais l'athlète de 29 ans est le premier dans la famille à remporter une médaille.
Dans les derniers moments de sa course, alors que ses muscles commençaient sérieusement à le faire souffrir, il avait les yeux fixés sur le devant de son embarcation, où une autre source de motivation était bien visible.
«Je suis tellement content de représenter le Canada, a-t-il affirmé. Durant toute la course, je regardais le nez de mon bateau - il y a une grosse feuille d'érable dessus. C'est un sentiment formidable.»
Il n'a jamais cessé de sourire en parlant de ce que cela signifie d'être à la fois un Oldershaw et un médaillé olympique.
Cette famille est très importante dans l'histoire du canoë-kayak au pays, avec cinq représentants à des compétitions olympiques. Avant mercredi, Bert Oldershaw était le seul à être parvenu en finale. Mais depuis, la famille a été impliquée à tous les niveaux dans le sport, au Canada. Scott Oldershaw, en plus d'être l'entraîneur de son fils, a aussi été celui d'Adam van Koeverden, médaillé d'argent mercredi, en K-1 1000 mètres. Le Burloak Canoe Club, en Ontario, qui sert pratiquement de quartier général aux Oldershaw, a produit plusieurs participants aux Jeux olympiques.
La mémoire de son grand-père
Mais c'est Bert, le grand-père, qui a le plus influencé Mark, le prenant sous son aile. Après que celui-ci eut remporté l'or au Championnat du monde junior en 2001, son grand-père, maintenant décédé, lui a remis la rame, signée par tous les autres compétiteurs de 1948.
«Je pense que si je l'utilisais pour un seul coup de rame, elle briserait, a indiqué le jeune homme. Je vais la faire signer par tout le monde ici et peut-être qu'un jour, je pourrai la donner à mon petit-fils moi aussi.»
Mark Oldershaw n'est peut-être pas né avec une rame dans les mains, mais c'est tout comme. Ses parents l'ont amené à Burloak avant qu'il ne marche et l'ont vite mis dans l'eau. Il a essayé d'autres sports, devenant même assez bon au hockey, mais ses gènes ont repris le dessus et il est toujours revenu au canoë et aux rames.
«On n'a pas encore eu beaucoup de temps pour y penser, mais je pense que tout cela signifie beaucoup pour Mark, a observé son père, Scott. (Le facteur familial) deviendra de plus en plus important lorsque la joie d'avoir remporté la médaille se sera estompée.
«Ceci est spécial pour lui», a-t-il ajouté.
Revenir de loin
Ce l'est encore plus considérant par où le jeune homme est passé avant d'en arriver là. En 2003, il est passé sous le bistouri afin de faire retirer une masse cancéreuse dans sa main, ce qui est presque la peine de mort pour un rameur. Il a choisi de persévérer et a continué à s'entraîner, réussissant même à se qualifier pour l'équipe nationale alors qu'il était toujours en processus de guérison.
«Je pense que ce qui est resté avec moi, c'est que je suis parvenu à faire l'équipe en étant à 70 % de ma forme, a-t-il affirmé, dans une entrevue donnée en 2008. Je me disais "imagine si tu étais à 100 % ... ces gars n'ont aucune idée de ce que je peux faire".
«Je pense que c'est ce qui m'a motivé à foncer», a-t-il ajouté.
Il a certainement foncé, mercredi, en gardant le meilleur pour les derniers 200 mètres. Pendant un moment, il a même semblé qu'il pouvait voler l'argent à l'Espagnol David Cal Figueroa, avant que ce dernier ne trouve un second souffle également. Les deux étaient toutefois bien loin derrière le meneur, l'Allemand Sebastian Brendel.
«J'ai tellement mis d'efforts là-dedans depuis 20 ans que je me suis dit "si je ne donne pas tout ce que j'ai, à quoi ça aura servi?", a-t-il expliqué.
«Alors j'ai baissé la tête et j'ai tout donné.»
Ils étaient nombreux, dans la foule, à l'encourager, tout comme au Burloak Canoe Club, rempli à craquer au petit matin, où les gens s'étaient déplacés pour voir la course.
«Je suis tellement fier de faire du canoë pour le Canada parce que c'est tellement canadien, justement. C'est beaucoup d'émotions pour moi en ce moment, a dit Oldershaw.
«J'ai beaucoup de membres de ma famille ici pour me voir et m'encourager, a-t-il ajouté. Chaque année, à Noël, ils me donnent des tas de cadeaux, des photos de mon grand-père, des choses comme ça. C'est super spécial et ce n'était pas de la pression non plus.»
«J'ai profité du moment et de l'expérience. Je frotte le nom "Oldershaw" sur mon bateau avant chaque course pour la chance et je présume que ç'a fonctionné.»
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