Dans un pays où les tensions politiques et sociales sont nombreuses comme c'est présentement le cas au Liban, le sport est loin dans les priorités des dirigeants. La nageuse des Carabins de l'Université de Montréal, Nibal Yamouth, fait partie des dommages collatéraux.
Elle a décidé de quitter son pays pour une question de sécurité, mais aussi en raison de l'absence d'une structure respectable dans son sport.
«Nous avons une fédération de natation au Liban, mais dans les faits, ce n'est pas le cas, a expliqué l'athlète de 18 ans. Ils ne s'occupaient pas de nous et les conditions d'entraînement étaient très difficiles. De plus, il n'y avait pas d'entraîneur-chef national.»
Le père de Nibal, lui-même un entraîneur de natation, a connu la ville de Montréal lors des Championnats du monde de la FINA en 2005. «Il a vraiment aimé la ville et a décidé de s'y installer, a-t-elle raconté. Par la suite, mon frère l'a suivi et ce fut mon tour avec ma mère.»
Malgré les soulèvements populaires, Yamouth ne s'est jamais sentie en danger. «Nous vivions à Beyrouth et c'était quand même très sécuritaire. Il n'y a jamais eu rien de grave. Par exemple, lors de la guerre en 2006, j'allais quand même à la plage et j'entendais le bruit des bombes.»
Un espoir pour... 2016
Lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008, Namouth a eu l'honneur de représenter son pays à l'âge de seulement 15 ans sans obtenir les standards olympiques. Elle aimerait bien répéter l'expérience à Londres en 2012, mais elle devra se qualifier.
«Ce sera plus difficile, car je suis loin des standards olympiques de plusieurs secondes», a expliqué la spécialiste au 400 m quatre nages. Depuis le début de la saison, elle a abaissé sa meilleure marque personnelle de six secondes sur cette distance.
Namouth apprécie beaucoup son expérience chez les Carabins, car elle s'entraînait seule lors des deux dernières années. Elle vivra sa première expérience au Championnat canadien universitaire. «J'aimerais beaucoup améliorer mes meilleurs chronos tout en participant à une finale. Par contre, je ne connais pas le niveau de la compétition, mais mes coéquipières m'ont averti que ce serait difficile.»
La crème universitaire au CEPSUM
Les meilleurs nageurs universitaires sont à Montréal jusqu'à samedi, afin de prendre part au Championnat canadien du SIC.
Plus de 300 nageurs de 28 universités prendront part aux différentes compétitions. Chez les Carabins, les 11 nageurs auront du pain sur la planche pour monter sur le podium. «Il n'y a pas de doute que c'est un duel entre David et Goliath, a expliqué l'entraîneur des Bleus, Regis Fortino. Nos principales chances de médailles reposent sur les épaules de Fédéric Le Blanc au 200 m brasse et au 200 m quatre nages.»
Pour le reste, les nageurs montréalais ont comme principal objectif de participer aux finales et d'établir leurs meilleures marques personnelles.
Les Dinos de Calgary sont les favoris pour tout rafler à ce championnat qui s'annonce très relevé. Ils seront à la recherche d'un troisième sacre canadien consécutif. Outre Calgary, les universités de la Colombie-Britannique (UBC) et de Toronto seront également à surveiller.
Martha McCabe, des Thunderbirds de UBC, sera le point de mire parmi les nageuses. Elle a remporté une médaille de bronze au 200 m brasse aux Championnats du monde FINA, l'été dernier, en plus d'être sacrée nageuse de l'année par Natation Canada en 2011.
Le directeur et entraîneur-chef de l'équipe olympique canadienne, Pierre Lafontaine, sera sur place pour épier ces jeunes espoirs de la natation. Il faut également souligner que les essais olympiques en prévision des Jeux de Londres, qui auront lieu au mois d'août, se dérouleront le mois prochain.
Une première depuis 1992
La dernière fois que le CEPSUM a été le théâtre de cette compétition remonte à 1992. À cette époque, l'actuelle directrice des sports de l'Université de Montréal, Manon Simard était dans la piscine pour défendre les couleurs de son institution.
«Depuis la relance du sport d'excellence à l'UdeM en 1995, l'organisation des Carabins ne cesse de progresser et la tenue de cette compétition nationale occupe une place de choix dans notre grand livre d'histoire», a-t-elle déclaré plus tôt cette semaine.
Elle avait fait belle figure en remportant cinq médailles, dont deux d'or.

























